GROUPEMENT BELGE DE LA PORTE OUVERTE

pour l'émancipation économique de la travailleuse

Bulletin de novembre 2004

Périodique mensuel d'information et d'opinion féministe; les articles signés n'engagent que la responsabilité de leur-s auteur-e-s.

Éditorial

13 décembre 2004: Commémoration de décembre 1934 au Sénat

Comme nous l'annoncions dans notre circulaire d'octobre, la commission du sénat pour l'égalité entre les hommes et les femmes organise, à l'instigation de feu Adèle Hauwel, présidente honoraire de notre groupement, une commémoration de la grande manifestation féministe du 21 décembre 1934.

Un programme de cette matinée d'étude a été proposé par PO au sénat. PO a sollicité la présence de Madame Anne-Marie Lizin, Présidente du sénat, pour ouvrir la séance. L'approbation du Sénat sur le programme proposé ne nous est pas encore parvenue mais nous pouvons déjà annoncer que les exposés feront un tableau de la situation du travail des femmes en 1934 et établiront un parallèle avec la situation actuelle. Nous avons fait appel à plusieurs professeures d'universités spécialisées dans ces questions.

Nous signalons aux personnes invitées qu'il est nécessaire de suivre les instructions qu'elles recevront avec l'invitation car les entrées dans les locaux du sénat sont strictement contrôlées.

Détails pratiques sur PO

À la suite du décès d'Adèle Hauwel la nouvelle adresse de PO est désormais:

Madame Gisèle De Meur,
Boulevard Général Jacques, 61
1050 Bruxelles

Appel à témoignages

En vue d'éditer une plaquette à la mémoire d'Adèle Hauwel nous recherchons des témoignages écrits de personnes qui ont connu Adèle.

Écrivez nous vos souvenirs sur votre rencontre et sur vos relations avec elle et joignez y éventuellement des photos de vous avec ou sans Adèle.

Merci d'avance.

Actualités

30ème anniversaire de la loi sur l'IVG en France

«Une affaire de bonnes femmes».

Le 20 décembre 1974 était votée, en France, la loi sur l'interruption volontaire de grossesse, dite aussi loi Veil, du nom de la ministre de la santé, Simone Veil, qui a mené cette tâche à son terme.

Dans un livre d'entretiens avec Annick Cojean, Simone Veil rappelle dans quel climat cette loi fut débattue et finalement votée.

Elle souligne d'emblée à quel point l'entrée de femmes dans la magistrature a fait évoluer ce débat (où l'on voit à nouveau l'importance du travail des femmes).

La loi sur la libéralisation de l'avortement est aussi l'œuvre du président de la république de l'époque, Valéry Giscard d'Estaing, qui en était partisan contrairement à son premier ministre de l'époque Jacques Chirac qui y était hostile car il considérait que c'était là «une affaire de bonnes femmes».

C'est dans une ambiance extraordinairement hostile que Simone Veil a engagé le débat à l'assemblée nationale française.

Des injures graves ont été prononcées, comme il est si souvent «d'usage» lorsqu'une femme engage cette sorte de discussion. Il est fort probable qu'un homme aurait déclenché moins de haine.

On mesure l'hypocrisie de certains propos tenus alors que certaines personnes opposées au projet, cherchaient parfois elles-mêmes, par ailleurs et en sous main, à aider l'une ou l'autre femme de leur entourage à se procurer les moyens d'avorter. On a vu cette même hypocrisie en Belgique.

Le Monde, 29 octobre 2004.

«Les hommes aussi s'en souviennent». De Simone Veil. Discours du 26 novembre 1974, suivi d'un entretien avec Annick Cojean. Stock. 118p., 12 euros.

Assassinat de Théo Van gogh - Pays-bas

Le cinéaste Théo Van Gogh a été assassiné le 2 novembre. Le meurtrier présumé a été arrêté. Il possède la double nationalité marocaine et néerlandaise et réside à Amsterdam. Les raisons de l'assassinat n'ont pas encore été énoncées.

Cependant le cinéaste avait fait l'objet de menaces de mort après la diffusion de son film «Submission», un court métrage sur l'oppression des femmes dans l'islam. Le cinéaste estimait que son pamphlet n'attaquait pas l'islam mais dénonçait des situations discirminatoires. Il était convaincu qu'«un film ne change pas le monde», et espérait néanmoins stimuler une discussion sur la position de la femme dans l'islam.

Tourné en secret à Amsterdam, «Submission» a été écrit par Ayaan Hirsi Ali, jeune députée libérale d'origine somalienne. Selon elle, c'est le Coran qui légitime les injustices dont sont victimes les femmes de confession musulmane. Après la diffusion, Ayaan Hirsi Ali, cible désignée de groupes fondamentalistes, avait dû être placée sous haute protection.

«Ainsi, ses idées déplaisantes ont eu raison de lui» signale la DH, d'où viennent les informations ci dessus.

Que la presse «démocratique» considère que ce sont des idées et non des criminels qui «ont eu raison de lui», est ahurissant. Bientôt on ne pourra même plus dire qu'on n'est pas croyant, ou qu'on est féministe sans «mériter» un sort funeste...

Économie - femmes d'affaires

Le ministère de l'Emploi va lancer, dès janvier prochain, un projet-pilote d'un an intitulé «Femmes d'affaires, affaires de femmes».

Destiné aux femmes désireuses de se lancer dans l'entrepreunariat, ce projet leur offre gratuitement une formation d'entreprise et un accompagnement de leur projet. Les candidates se verront par ailleurs proposer un micro-crédit d'un montant de 4.000 euros maximum, sans devoir avancer les garanties bancaires.

Il s'étalera sur une période de 18 à 24 mois à du 5%

Infos: 010/48.33.52 affairesdefemmes@credal.be
Le Soir en ligne 9 novembre 2004

Noms de rues au féminin

Le conseil communal de Bruxelles-ville a adopté à une large majorité - l'opposition MR s'est abstenue - une motion visant à donner à l'avenir davantage de noms de femmes aux nouvelles rues.

Actuellement, les noms masculins sont majoritaires pour les rues de la commune centrale de la capitale. Le collège des échevins soutenait le texte déposé par deux conseillères. La ville de Bruxelles compte pour le moment 22% de noms de rues où l'on retrouve un nom d'homme, contre 3% où l'on retrouve un nom de femme.

Un enfant ou un travail.

Dans le n° de novembre du Monde diplomatique un article (1) relatant les principales conclusions d'une étude conduite dans les pays de l'OCDE (2) montre que le travail des femmes est fortement lié à l'existence ou non d'infrastructures d'accueil de la petite enfance.

Le taux d'activité des femmes augmente régulièrement dans l'ensemble des pays d'Europe Occidentale et parfois malgré un taux de chômage croissant. Cependant, on continue à observer que les jeunes femmes manquent d'aide en équipements collectifs.

Souvent, les politiques familiales visent à inciter les femmes à prendre un emploi à temps partiel.

Lorsque la qualification de ces femmes est relativement bas, le choix entre une garde privée coûteuse et le bas revenu de la travailleuse amène souvent ces femmes à abandonner leur emploi pour se consacrer à la garde de leur(s) enfant(s). Seulement 10% des femmes qui ont un enfant de moins de 5 ans travaillent à temps complet.

(1) Anne Daguerre, chercheuse à l'Université du Middlesex, Londres.
(2) Florence Jaumotte: «participation des femmes au marché du travail: tendances passées et principaux déterminants dans les pays de l'OCDE», 2003, OCDE, Paris.

Les femmes, l'université, les professions scientifiques et l'accès à l'emploi

«Malgré la meilleure réussite des filles à l'école, l'infériorisation des femmes dans l'emploi persiste?».

«Les filles ne tirent pas tous les avantages professionnels de leurs succès scolaires et le poids des structures familiales pèse sur leur vie professionnelle?».

«Les inégalités dans la répartition des charges familiales conduisent à faire peser différemment sur les femmes et sur les hommes les contraintes de la vie professionnelle, et à fragiliser les carrières féminines?» (1).

L'article dont sont extraites les citations ci dessus énonce quelques mesures propres à faciliter l'intégration des femmes notamment dans la recherche industrielle «milieu avec des valeurs et des critères mis en place par des hommes pour des hommes». Ces mesures visent essentiellement la coordination entre les diverses instances qui ont à intervenir dans ces questions.

Fort bien, mais on il arrive si souvent que les études de ce genre soulignent la persistance des mentalités archaïques relatives à la division des tâches entre les hommes et les femmes.

A quand une bonne étude sur «comment faire pour changer les mentalités?». Il est étrange de voir à quel point la propagande commerciale par exemple se permet de s'attaquer aux mentalités des consommateurs (voyez les phénomènes de mode etc..) alors qu'en matière de droits de l'humain le silence est assourdissant.

Les femmes, l'université, les professions scientifiques et l'accès à l'emploi. Par les équipes du TEF-Fac des sciences ULB et le DULBA-ETE; Esprit Libre, novembre 2004.

À travail égal, salaire égal?

Selon les résultats d'une récente enquête menée par le secrétariat social SD WORX, les employées gagnent en moyenne encore 4,7% de moins que leurs collègues masculins à fonction égale (salaire fixe). Plus le niveau de fonction est élevé, plus les différences de salaires sont grandes, ce qui est en concordance avec l'évolution de l'âge.

Pour les fonctions de direction, les cadres moyens et supérieurs, il existe une différence de 9,2%.

Nous ajoutons: qui veut laisser croire que l'égalité était atteinte?!!

© Porte Ouverte 2007

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